Décès de Marie-Madeleine Lesur

Vous trouverez ci-dessous la fiche concernant la famille résistante Hussmann de Colmar que j’avais rédigé avec l’aide de Marie-Madeleine:

Eugène Hussmann gère la société Hussmann et Compagnie, route de Rouffach à Colmar. Avec son épouse Marie Husmann (née Vogt), ils ont une fille: Marie-Madeleine. Il est également adjoint au maire de Colmar.

Durant la campagne de mai-juin 1940, il est fait prisonnier de guerre (PG) par les Allemands à Besançon. En juillet 1940, il est libéré en qualité d’Alsacien « de souche allemande » et revient à Colmar. Très rapidement, il s’engage dans l’action clandestine à la tête d’un groupe de patriotes. Ils se réunissent d’abord à Colmar. Par l’intermédiaire de Philippe Rieder, Joseph Rey rejoint Eugène Hussmann. En août 1940, ces deux derniers se rendent à Thann (Haut-Rhin) pour y rencontrer Paul Dungler, fondateur de la 7ème colonne d’Alsace. Le mois suivant, c’est Paul Winter, alias « commandant Daniel », qui prend contact avec Eugène Hussmann. C’est ainsi que ce dernier s’engage au sein de la 7ème colonne d’Alsace qui devient par la suite, le réseau Martial des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Leur principale activité est de faciliter l’évasion des prisonniers de guerre (PG). Aidé par les membres de sa famille, son épouse, sa fille, son frère, Paul Hussmann, mais également sa soeur, Eugénie Bass (née Hussmann), qui assurent l’essentiel de la logistique alimentaire et vestimentaire, il organise et recrute des personnes de confiance pour assurer cette aide à l’évasion, notamment l’abbé Louis Oberlechner, curé de la paroisse de Sainte-Marie à Colmar.

Grâce à ses divers contacts, Eugène Hussmann met en place une réunion constitutive le 11 novembre 1940 dans une cave située en-dessous de son entreprise. Outre les membres de sa famille, plusieurs personnes y participent: Alfred Weninger, Jean-Jacques Rinck, Albert Schuh et Joseph Rey parmi d’autres. Le but de cette manifestation clandestine est de se mettre d’accord sur les modalités d’action du groupe. Il s’agit d’intensifier l’aide à l’évasion tout en restant très prudent quant au recrutement et très rigoureux au niveau du cloisonnement.

Durant l’année 1941, Eugène Hussmann s’engage également dans la recherche de renseignements. Grâce à Othon Klumpp et à Suzanne Zipfel, tous deux, employés au secrétariat de la Gestapo à Colmar, il parvient à glaner de précieuses informations. Sa fille, Marie-Madeleine Hussmann, est chargée d’en rédiger les synthèses que son père apporte régulièrement à Mulhouse chez Paul Winter ou Auguste Riegel. Pour la propagande anti-nazie, il imprime à des milliers d’exemplaires une carte représentant le général de Gaulle devant la cathédrale de Strasbourg. En février-mars 1942, il réalise la même opération avec le Rapport économique qui lui arrive par l’intermédiaire de Joseph Rey.

En avril 1942, suite à la dénonciation de la filière par le traître Léon Barth, Eugène Hussmann prend la fuite et s’évade en zone non occupée. il se réfugie à Saint-Etienne (Loire). En septembre 1944, il revient en Alsace où il s’engage dans les Forces françaises de l’Intérieur d’Alsace (FFIA). Il est d’abord rattaché au bureau du capitaine Auguste Riegel au service épuration avant d’être nommé chef de l’arrondissement de Colmar. Par la suite, il continue ses diverses activités au sein du bataillon des volontaires du Rhin jusqu’à sa démobilisation le 29 avril 1945. Il dirige également le bureau liquidateur des FFI. Après sa démobilisation, Eugène Hussmann reprend son travail comme gérant de la société Hussmann et Compagnie à Colmar.

Son épouse, Marie Hussmann (née Vogt), et sa fille, Marie-Madeleine Lesur, sont arrêtées par la Gestapo le 1er avril 1942 alors que sa soeur, Eugénie est appréhendée le 11. Internées à Colmar, elles sont transférées au camp de sûreté de Schirmeck avant d’être jugées par le Sondergericht, le tribunal spécial, le 18 février 1943 à Colmar. Alors que Marie et Eugénie sont condamnées respectivement à trois ans et six mois et quinze mois de travaux forcés, transférées à la maison centrale de Haguenau (Bas-Rhin) puis libérées respectivement le 5 mai 1944 et le 17 juillet 1943, Marie-Madeleine est condamnée à dix mois de prison et elle est libérée le jour même du procès, le 18 février 1943.

La citation de mémoire de proposition pour la Légion d’honneur d’Eugène Hussmann est particulièrement élogieuse:
« Patriote français d’une abnégation totale, s’est mis à l’oeuvre dès 1940 pour combattre l’ennemi sur le front intérieur. A organisé dans la région de Colmar une filière d’évasion pour le passage clandestin de prisonniers de guerre français évadés des camps d’Allemagne. A recueilli et acheminé d’importants renseignements militaires, politiques et économiques. Evadé en 1942 en zone sud, a continué sa merveilleuses tâche et a rejoint l’Alsace en 1944 avec les troupes libératrices comme capitaine FFIA. »

Auteur : Eric Le Normand (avec l’aide de Marie-Madeleine Lesur, née Hussmann)

Marie-Madeleine Lesur (née Hussmann)b

Source: AP Lesur et DNA

 

A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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