Journées d’Histoire Régionale à Saint-Dié autour du thème « Transports et communications »

Dimanche 6 mai, Eric Le Normand, historien et chargé de mission de l’AERIA, est intervenu lors des 13e Journées d’histoire régionale, organisées le week-end à Saint-Dié des Vosges par le Comité d’Histoire Régionale du Grand Est.

Des reconstitutions (volontaires portant des uniformes de soldats de différentes époques), des expositions, de nombreux stands d’associations d’histoire locales d’une incroyable diversité, des maisons d’édition présentant leurs nouveautés ou leurs livres anciens, et aussi beaucoup de conférences autour du thème 2018, très largement interprété : ainsi se présentaient les Journées d’histoire régionale. Un public nombreux était venu dans la salle de la Tour de la Liberté pour écouter la conférence de Eric Le Normand sur « les passeurs, évadés et résistants ayant transité par les voies de passage durant la Deuxième Guerre Mondiale ». Une conférence soulignant l’importance de Saint-Dié tant au début de la Deuxième Guerre Mondiale pour l’évasion de prisonniers de guerre français évadés d’Allemagne que dans l’autre sens en 1944-1945 pour l’infiltration de combattants et résistants prêts à libérer l’Alsace. Rappelant qu’1,6 million de soldats français furent internés dans des camps en Allemagne suite à la défaite de 1940, l’historien expliqua le rôle-clé de l’Alsace. Une voie de passage naturelle avec des Alsaciens patriotes, certains n’hésitant pas à se rendre en Allemagne dans des camps pour chercher clandestinement des prisonniers de guerre…Parmi les filières d’évasion mises en place, celles du Donon et du Climont, furent particulièrement actives. Du coup « pratiquement tous les évadés transitaient par la ville de Saint-Dié ». Exemple, René Estermann, tisserand à La Claquette (Bas-Rhin), qui avait fui l’Alsace annexée de fait dès mars 1941 suite à une réunion de propagande pour la Wehrmacht et qui fut arrêté à Saint-Dié avant de pouvoir rejoindre le Dr Bernard, venu de Rothau (Bas-Rhin). A Saint Dié le colonel Andlauer (du réseau « Confrérie Notre Dame Castille, fondé par le colonel Rémy) pouvait compter sur des renseignements économiques et stratégiques fournis par un industriel alsacien, M. Lacourt : « Les Alsaciens intéressaient les Français car ils avaient un pied chez l’ennemi. » Marie Stricher, employée aux chemins de fer à Saint Dié, regagnait Strassburg (Strasbourg) pour voir fréquemment ses parents et envoyait ainsi des renseignements sur l’industrie de guerre à Paris. Arrêtée, emprisonnée et jugée en 1945, elle n’eut la vie sauve qu’à la fin des combats…Justement «à la fin de la guerre, la diaspora alsacienne mit en place les GMA dont le Groupe Mobile Alsace-Vosges qui lutta avec les résistants vosgiens à Viombois ». Une conférence intéressante mais trop courte (limitée à 30 mn) par rapport à l’importance du sujet.

M.G-L

Affiche

A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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