« Les résistants alsaciens au camp de Schirmeck », conférence du Jeudi 19 avril 2018 à Schirmeck dans le cadre du jardin des sciences (UNISTRA)

Cette première conférence sur ce thème inédit, Eric Le Normand, professeur d’histoire-géographie et chargé de mission de l’AERIA, se devait évidemment de la présenter à Schirmeck. Ce qui fut fait jeudi 19 avril, à l’invitation d’un service de l’Université de Strasbourg. Parmi le public venu de la vallée de la Bruche mais aussi de plus loin, qui répondit à l’invitation, des retraités mais aussi des lycéens.

« Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, alors que l’Alsace était annexée de fait, des milliers d’Alsaciens sont arrêtés pour s’être opposés à l’ordre nazi.Le camp de Schirmeck devient alors un lieu de terreur dont l’objectif est de « redresser » tous ces récalcitrants à l’ordre nazi. Pour s’opposer au nazisme, il fallait faire preuve de discrétion, d’audace et de courage. » Cette introduction, dans le fascicule du Jardin des Sciences, le conférencier la développa après une brève présentation par la présidente de l’association AERIA qui permit ces recherches. Camp de transit, Camp d’internement ? Camp de déportation aux conditions de survie comparables à celle d’un camp de concentration ? Le camp de Schirmeck était tout ceci, lui où ont été internés 15 000 Alsaciens-Mosellans et autres (21 nationalités représentés) de 1940 à 1944. Quelque 111 personnes sont mortes sur place et beaucoup d’internés sont décédés peu après avoir été renvoyés chez eux, des suites de mauvais traitements (comme Adrien Frechard, arrêté avec des copains pour avoir chanté la Marseillaise…) ou par suicide. Car le camp de Schirmeck , surtout quand le sadique Karl Buck devint commandant, avait pour objectif de briser les âmes et les corps. « SOS, Schweigen Oder Schirmeck, se taire ou bien…c’est Schirmeck ! », une mise en garde explicite  On arrivait au camp après une interpellation pour avoir écouté Londres ou la station suisse de Beromünster, pour avoir refusé l’incorporation de force ou bien un travail exigé par les Allemands, pour avoir parlé français ou fait partie d’une filière d’évasion, comme Alphonse Hickel. Les dernières baraques (pour le femmes et les jeunes)  de ce camp furent construites en 42-43. Les jeunes résistants de La Main Noire y connurent la torture, en particulier Ceslav Sieradzki qui mourut sur place.. Les jeunes Guides de France du réseau Pur Sang passèrent aussi par ce lieu de détention et de privation. Le camp de Schirmeck marqua les mémoires comme les anecdotes recueillies auprès du public le prouvèrent. Ainsi les ordres intimés aux détenus terrorisés par les nazis de garder silence sur les conditions d’internement furent suivis par de nombreux Alsaciens, jusqu’à leur dernier soupir parfois : « Ils avaient peur que les Allemands reviennent ! » releva une participante  dont le grand-père Joseph Amann (déporté politique), son fils Charles, sa fille Ernestine et son épouse Elise, furent internés à Schirmeck et dans d’autres camps Une conférence à rééditer ailleurs assurément !

Texte: Marie Goerg-Lieby – Photographie: AERIA

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A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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