Richwiller / Conférence de Muriel Burger (ONACVG) / Quelles traces de l’incorporation de force en Alsace-Moselle?

Dans le cadre des commémorations du 75e anniversaire de l’incorporation de force du mois d’août 1942, Muriel Burger (coordonatrice mémoire et communication de l’ONACVG – Office national des anciens combattants et victimes de guerre du Haut-Rhin) a donné récemment à Richwiller près de Mulhouse une conférence sur le thème « Quelles traces de l’incorporation de force en Alsace-Moselle? »
Muriel Burger, en présence aussi de François Scherr directeur de l’organisme, a tout d’abord contacté les 1610 villes et villages des départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle (chiffres d’avant le regroupement des communes). Son but: trouver des traces de l’incorporation de force sous toutes les formes. Ainsi les plaques de rues (rue des Incorporés-de-Force ou rue des Malgré-Nous), de places, les chapelles, les monuments, les plaques ont été recensés.
Première constatation: la répartition géographique sur les trois départements concernés par l’incorporation de force est disparate. Il existe de grandes zones où très peu de traces voire pas du tout ont été trouvées.
Par exemple, le nord du Bas-Rhin, l’Alsace bossue, la bande rhénane, le Sundgau et côté lorrain, le sud de la Moselle.
Deuxième constatation, les grandes ensembles urbains autour de Sarreguemines, Forbach, Metz-Thionville, Strasbourg, Colmar  et Mulhouse sont les plus représentés dans l’enquête.
Troisième constatation, il existe des périodes où des noms ont été donnés aux lieux de mémoire et d’autres non.
Il faut ainsi mettre en évidence les trois noms de voies donnés dès juillet 1945 par la commune de Lingolsheim (Bas-Rhin) avec les rues Antoine-Freyermuth (déporté-résistant condamné à mort par le Reichskriegsgericht et fusillé dans la prison Alt Moabit de Berlin le 10 septembre 1943 pour avoir nui au moral de la Wehrmacht), Laurent-Heydt et Georges-Scheyder tous trois incorporés de force et morts pendant cette la guerre. Autre pic dans les attributions, celui qui suit le procès d’incorporés de force à Bordeaux en 1953. Enfin, les années 2005-2006 marquent un nouveau seuil (près de 50 citations).
A noter aussi que c’est dans le Haut-Rhin que l’on trouve le plus de traces de l’incorporation de force. Vincent Hagenbach, maire de Richwiller, rappela alors « qu’un préfet du département au début des années 2000 avait incité les communes à donner des noms rappelant l’incorporation de force à différents lieux. » Ce qui a vraisemblablement été fait.
Au total de cette enquête, 124 lieux pour 87 communes sont représentés dans l’étude. Un regret: trop de communes n’ont pas répondu. Il n’est pas possible à l’heure actuelle de savoir si c’est par manque de temps que les réponses n’ont pas été fournies ou si c’est en raison de l’absence de traces.
Enfin, dans la salle, Pierre-Paul Gaugler (Société d’histoire et de généalogie de Richwiller) a suggéré de recenser aussi les ex-voto dans principaux lieux de pèlerinages d’Alsace.
Texte et photographie: Bertrand Merle (AERIA)
conférence muriel burger richwiller

A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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