Première sortie « Histoire » de l’AERIA le Samedi 17 juin 2017 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne)

Samedi 17 juin, un groupe de l’association a passé la journée à Fribourg-en-Brisgau, suite à une idée de Marie et Mireille qui étaient venues fin 2016 dans cette ville pour une cérémonie. La première sortie « Histoire » de l’association était consacrée à l’exposition « National Sozialismus in Freiburg »: « non pas la première exposition sur le nazisme en Allemagne mais bien la première où une ville regarde son propre passé » selon Mme Brannath, guide francophone. L’exposition, préparée par deux historiens et leurs élèves de terminale ayant fait des recherches dans le cadre de l’équivalent du bac, dure plus d’un an, de novembre 2016 à octobre 2017. La première partie de l’exposition vise la période avant le nazisme à travers des affiches: rappels de l’humiliation du traité de Versailles après la Première Guerre mondiale, de la pauvreté voire de la famine qui en résulte pour les Allemands, situation sur laquelle se greffe la crise de 1929. A Fribourg, l’élément déclencheur qui pousse les électeurs à choisir Franz Anton Kerber, maire NSDAP dès 1933 et jusqu’à 1945, ce sont les coups de pistolet mortels tirés sur deux policiers par un élu socialiste d’origine juive et qui se savait menacé après la Nuit de Cristal. Malgré la compréhension du maire Karl Bender, ce drame transforme Fribourg, ville catholique et conservatrice, en cité de violences et de délations. Jusqu’aux bombardements alliés et la capitulation en 1945. Une partie expose la vie quotidienne des Fribourgeois endoctrinés dés l’enfance (exemple, une poupée habillée en SA) puis la jeunesse séduite par une habile propagande et enrôlée dés 18 ans dans les SS. Parmi les nombreux objets, une table d’échecs appartenant à Jeannette Schwarz (déportée à 84 ans dans le camp de Gurs, France, dès octobre 1940 comme tous les Juifs de Bade) et rachetée par sa belle-fille chrétienne lors d’une des nombreuses vente aux enchères. Des portraits de plusieurs Fribourgeois victimes des nazis, interpellent en silence: une mère de famille  soignée en hôpital psychiatrique puis euthanasiée; une fillette handicapée supprimée par le même programme T4, un enfant juif assassiné à Auschwitz avec ses parents, un commerçant homosexuel qui s’est suicidé en prison, une femme Sinti victime d’expériences médicales, un socio-démocrate et des communistes morts en camp de concentration ainsi qu’une mère de famille Témoin de Jéhovah…Pour honorer la mémoire de ces victimes, Fribourg a posé des « Stolpersteine » (pierres à trébucher) devant leurs anciennes habitations… D’autres Fribourgeois ont un statut controversé. Comme le médecin Alfred Hoche qui écrivit dans les années 20 le livre « Autorisation de destruction des vies dépourvues de valeur », un ouvrage dont Hitler s’inspira. Ou le philosophe Martin Heidegger, recteur de l’université et adhérent au NSDAP, l’évêque Gröber qui mit du temps à comprendre la nature de l’hitlérisme. Figure positive, Gertrud Luckner, active à Caritas pour les victimes du nazisme, déportée à Ravensbruck,  Juste parmi les nations » et première catholique invitée en Israël en 1951.

Organisée par Mireille Hincker (du transport en bus jusqu’aux visites guidées offertes par la ville de Fribourg en passant par un bon repas), la sortie a aussi permis de visiter grâce à M. Casetou, guide français vivant en Allemagne depuis 1976, le mythique quartier Vauban. Cet ancien site des Forces Françaises en Allemagne, réhabilité de façon visionnaire dans les années 90, est devenu le premier quartier écologique européen truffé de panneaux solaires, ruelles sans voitures, réseau de tram,  maisons en bois etc. Comme si les inhumaines années 1933-1945 avaient incité les Fribourgeois à prendre des risques pour le respect de la vie…

MGL

Une partie du groupe de l’AERIA dans le musée de Fribourg-en-Brisgau qui présente l’exposition « National Sozialismus in Freiburg » Photo BM.

Freiburg expo au Stadtmuseum 17-6-17 (3)

A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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