Conférence le Jeudi 11 mai 2017 à 15 heures à l’Hôtel de Ville d’Illkirch-Graffenstaden

Salle comble jeudi 11 mai dans une salle au 1er étage de l’Hôtel de Ville d’Illkirch-Graffenstaden pour la conférence de Eric Le Normand qui prolongeait l’exposition en place depuis fin avril au rez-de chaussée. Suite à l’horaire (15h), une majorité de retraités étaient là, accueillis par l’adjointe au maire Huguette Heckel. Mais, surprise, également le conseiller départemental Jean-Philippe Maurer, la maire de Plobsheim et une classe du lycée Gutenberg! L’enseignant releva avec satisfaction que beaucoup de jeunes différèrent leur départ de près d’une heure pour assister à la fin de l’exposé. Eric Le Normand développa en effet la thématique locale dans cette commune qui, forte de 9 000 habitants, comptait environ 4 000 ouvriers dans l’usine SACM, renommée Magdeburger Maschine Fabrik après la main mise allemande. L’historien présenta la spécificité de ce groupe de jeunes résistants organisés sous le nom de « Feuille de lierre » et dirigés par Edmond Erb. Plusieurs descendants de celui-ci étaient présents, tenant à féliciter Eric à qui ils avaient confié des documents lors de la réalisation du DVD-Rom,  pour « sa méticulosité et sa rigueur ». Des résistants du groupe « Feuille de lierre », il ne reste qu’un survivant, Louis Warth, alors jeune ouvrier. A 95 ans, celui-ci partagea avec l’assistance le récit d’actes de résistance à Illkirch-Graffenstaden: sabotage en équipe à l’usine (« Une locomotive n’a ainsi jamais pu arriver à la gare, elle était couchée sur le flanc bien avant! »), destruction de ligne téléphonique, aide à l’évasion de prisonniers polonais, récupération de grenades et armes abandonnées dans un fort de la ligne Maginot et même mise en peinture tricolore d’un pont de bois avant son inauguration par les Allemands. Louis Warth fit aussi le récit de l’arrestation des jeunes et des interrogatoires. Lui-même fut interné durant huit mois au camp de Schirmeck où il vit la mort sous les coups de Ceslav Sieradzki, issu du groupe de jeunes résistants alsaciens « La Main Noire ». Louis Warth rappela aussi le souvenir de deux prisonniers du camp qui s’étant évadés furent repris par les gardes et livrés à des chiens qui les massacrèrent. Parmi les personnes qui prirent la parole à l’issue de ce témoignage il faut citer Jacqueline Mosser (sœur de Jacques Knecht, résistant exécuté par les nazis) qui, très émue, signala qu’elle avait été récemment sur le site du camp de Schirmeck-Labroque. Et qu’une habitante d’une ancienne bâtisse du camp, détruit en grande partie en 1953, lui montra l’ancien chenil des SS, devenu débarras, et un bâtiment transformé en appartements… L’occasion pour Mireille Hincker, membre du comité de l’AERIA, de rappeler son combat aux côtés de MM Vonau et Troestler (mais hélas freiné par certains) pour qu’une stèle matérialise enfin ce lieu majeur de l’histoire de la résistance alsacienne et de l’opposition au nazisme.

Texte: Marie Goerg-Lieby

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La famille d’Edmond Erb avec Louis Warth:

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Photographies: Bertrand Merle

A propos laresistancedesalsaciens

Chargé d'études pour l'Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA).
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